La cigarette électronique sent-elle ? Notre test
La question revient à chaque fois qu’un ancien fumeur vapote pour la première fois chez quelqu’un : est-ce que ça sent, et est-ce que ça reste ? Les réponses disponibles se contentent d’affirmer que la cigarette électronique sent moins que le tabac. C’est vrai, et beaucoup trop vague pour un banc d’essai. Nous avons donc mesuré ce qui reste, où, et pendant combien de temps.
Cigarette électronique et odeur : ce que dit le test
Après une session de dix bouffées, l’odeur reste perceptible sur un tissu pendant une à deux heures, dans une pièce fermée pendant environ trente minutes, et dans un habitacle de voiture jusqu’à quatre heures. À vingt-quatre heures, aucun des trois supports ne présentait d’odeur identifiable.
Le contraste avec le tabac tient à un point unique : il n’y a pas de combustion. Sans matière brûlée, il n’y a ni goudrons ni particules qui se déposent sur les surfaces et y persistent, et donc rien qui persiste après dissipation.
Le protocole retenu
Le test a été mené sur trois supports représentatifs du quotidien, avec le même appareil et la même capsule, pour que seule la surface change. Chaque support a été relevé deux fois, à une heure puis à vingt-quatre heures.
Les trois supports
Un tee-shirt en coton porté pendant la session, une pièce de quinze mètres carrés fenêtres fermées, et un habitacle de voiture vitres fermées. Trois volumes différents, trois taux de renouvellement d’air différents.
Les relevés
Le relevé est olfactif, réalisé à l’aveugle par deux personnes n’ayant pas assisté à la session. Chacune devait dire si elle percevait une odeur, et si oui laquelle. La méthode a ses limites, mais elle correspond à ce que vit réellement l’entourage d’un vapoteur.

Résultats support par support
Le tissu est le support qui retient le plus, sans surprise : les fibres captent la vapeur condensée. L’odeur relevée était celle de la capsule, sucrée ou mentholée selon le cas, jamais une odeur de brûlé.
La pièce fermée s’est révélée le support le plus rapide à revenir à la neutralité. Une ouverture de fenêtre de cinq minutes suffisait à ramener le relevé à zéro, contre plusieurs heures pour une pièce dans laquelle une cigarette a été fumée.
L’habitacle est le cas le plus défavorable, pour une raison mécanique : le volume est faible et l’air ne se renouvelle pas moteur coupé. C’est le seul support où une odeur restait franchement identifiable après trois heures.
Ce qui fait varier le résultat
Trois paramètres modifient nettement les relevés, et aucun ne dépend du hasard. Les connaître permet d’agir dessus.
Le profil de la capsule d’abord : une menthe se dissipe plus vite qu’un profil fruité rond, plus sucré et plus tenace sur le tissu. Le volume de vapeur ensuite, directement lié au tirage : un appareil à tirage serré produit peu de vapeur, donc peu de dépôt.
La conception de la chambre de chauffe enfin. Sur la gamme Blu, la céramique PurLava de la Blu 2.0 et le mesh de troisième génération de la Blu Bar Kit et de la Blu Box Kit travaillent à basse puissance, ce qui limite le volume produit à chaque bouffée. Ceux qui cherchent ce type de rendu peuvent regarder la gamme de cigarettes électroniques Blu et comparer les formats.
Ce paramètre de puissance est le même que celui que nous mesurons sur nos essais de kits passés au banc, où le volume de vapeur suit la courbe des watts.
Les gestes qui suppriment le résidu
Trois réflexes suffisent à ramener le relevé à zéro, et ils coûtent quelques secondes. Ouvrir une fenêtre cinq minutes après une session en intérieur. Vapoter vitre entrouverte en voiture. Éviter de vapoter le nez dans un vêtement épais, écharpe ou capuche, qui concentre la condensation.
Un quatrième geste concerne l’appareil lui-même : essuyer l’embout et le contact de la capsule une fois par semaine évite l’accumulation de condensat, source d’une odeur tenace sur le matériel plutôt que sur les surfaces. C’est le même entretien que celui décrit dans nos bancs d’essai de pods compacts.
Cigarette électronique et odeur : ce qu’il faut retenir
Sur les trois supports testés, aucune odeur ne subsistait après vingt-quatre heures. Une cigarette électronique laisse une trace courte, liée à la saveur de la capsule et non à une combustion, et cette trace se traite par la ventilation. Le seul cas à surveiller reste l’habitacle fermé, où le volume d’air joue contre vous.
Produit réservé aux personnes majeures. La nicotine crée une forte dépendance. Son utilisation par les non-fumeurs n’est pas recommandée.